Archives de catégorie : Le cycliste oblique

Eloge du voyage lent au Caylar

Nous rentrons à peine du festival du voyage lent au Caylar (34 ).Magnifique thématique portée par une superbe bande de bénévoles avec conférences, diaporamas, balades contées, criées publiques, courses de lenteur, ateliers divers, librairie, concerts, spectacles.. L’occasion unique de rencontrer de doux et merveilleux allumés sur leurs drôles de machines, rickshaw, tricycle, handbike, cheval, âne…et bien sûr pas mal de cyclocampeurs et d’aventuriers, tous plus épatants les uns que les autres .5 jours de fête autour du voyage. Quelle belle leçon d’optimisme et d’énergie ! Ca donne immédiatement envie de repartir. Pour le tour du monde, peut- être, pour la 4° édition du Festival, c’est sûr !

GB sur FR 3

FR 3 Midi-Pyrénées réalise un reportage sur GB, le cycliste oblique, sa vie, son œuvre. En action sur la voie verte, par sentiers et chemins et même au milieu des bois. L’occasion de voir et revoir notre sympathique pédaleur dans son écosystème fragile. Le reportage passera à la fin du JT du soir, le jeudi 9 aout.

GB et le concours Allibert trekking

Salut !
je participe au concours Allibert/Millet: une destination (moi j’ai choisi l’Italie du Nord ), quelques photos…et des internautes qui votent pour ce projet. A la clé, la possibilité d’être peut-être tiré au sort pour y partir. E bene, no ?
pour en savoir plus, voir le site
www.allibert-trekking.com/aventure

et laissez votre commentaire.

Mille grazie !

dernière minute : je fais maintenant des 20 finalistes ! Chaque semaine, les 5 candidats qui ont eu le moins de voix sont éliminés. Alors, si vous voulez m’aider…et avoir une chance de partir en Italie ou au moins gagner du beau matos de montagne, n’hésitez pas,   quelques clics et merci !

hydrobiographie d’une goutte

La société Cyclable en partenariat avec Carnets d’Aventure, le voyage nature et Schwalbe organisait un concours  sur des projets de voyages à vélo.
Ca y est, les résultats  du Concours Aventure Cyclable 2011 viennent d’être rendus publics !

Voici les résultats :

1er : « Bicyclettes en tête ! » – Camille de PREISSAC et Benoît MAAS

2ème : « Les roues de la terre » –  Emmanuele NEGROSINI (www.lesrouesdelaterre.fr)

3ème : « Autour d’ailes » – Romain NICOLINO (www.autourdailes.com)

4ème : « Un tour de France avec notre petit monde » – Famille MARCHAND

5ème : « Juste un tour en vélo.com » – Amandine MAS (www.juste-un-tour-en-velo.com)

6ème : «  Hydrobiographie d’une goutte » – Gérard BASTIDE

7ème : « Voyage en terre de glace » – Lucas SEMBLAT

8ème : « Tour de la mer Baltique à vélo » – Monika HAU et Benjamin ANCEL

9ème : « L’Odyssée andine » – Famille BRUNET-VIANA

10ème : « La bicyclette coopérative » – Emilie RIFFARD et Mathias DEVAUX

Hors-concours : « 3000 kilomètres de St Nazaire à Constanta » – Elodie SACHET et Anne-Laure POTEVIN : prix spécial du Jury pour leur projet… et de chaleureux encouragements… c’est aujourd’hui même qu’elles partent !

La remise des prix aura lieu le Jeudi 26 mai à 17H à Lyon (Vélonaute – 68, cours de la Liberté – 69003 LYON) ; nous vous invitons chaleureusement à vous joindre à nous ; ce sera l’occasion de rencontrer les autres gagnants et d’échanger sur les différents projets primés !

Pour info, mon projet ci-joint -départ prévu fin-aout pour 3 semaines jusqu’à l’océan !

HYDROBIOGRAPHIE D’UNE GOUTTE

Vers 1660,  Pierre-Paul Riquet, le père du Canal du Midi, parcourt la Montagne Noire à la recherche de la solution pour alimenter en eau son futur canal.
La légende affirme qu’un jour, accompagné du vieux fontainier Pierre Campmas, il découvre à la fontaine de La Grave un ruissellement de part et d’autre d’une pierre qui montre aux deux hommes l’écoulement de l’eau, d’une part vers la plaine du Toulousain et l’Océan, de l’autre vers la Méditerranée. La solution est trouvée !  Quelques années après, heu…en 2011 plus précisément, j’ai le projet de raconter l’histoire d’une goutte d’eau qui, partie du culmen de la Montagne Noire, coule jusqu’à l’Océan. Goutte que j’accompagnerai à vélo, au fil  de l’eau, depuis la source de l’Alzeau qui alimente le canal jusqu’à son embouchure au fin bout de la Gironde. L’histoire d’une goutte. Une “hydrobiographie” en quelque sorte.
Pour quelqu’un qui a grimpé à VTT la plupart des sommets méditerranéens, Toubkal , Etna, Canigou, Stromboli, Olympe,…et en a tiré un récit de voyage, “la Voie cyclique” à paraitre aux éditions “le Pas d’Oiseau”, qui a traversé la France et l’Europe par les voies vertes et a publié plusieurs guides  de VTT aux éditions Edisud, les 45O km du parcours peuvent sembler bien modestes.
Effets de l’âge ? Certainement. Ambition mesurée ? Sans doute. Mais aussi le désir de prendre le temps de réfléchir, de contempler, d’en faire un voyage tout autant philosophique que sportif. La preuve, j’emporte dans mes sacoches aquarelles et pinceaux pour en tirer la matière à un carnet de croquis et de voyage. Et la tente pour vivre au plus près de l’eau, à son rythme.
La franchise m’oblige à préciser que je ne suis pas exactement sûr de suivre la même goutte du début jusqu’à la fin et de la retrouver dans tout cet océan.
Qu’importe. On aura compris que cette histoire de goutte, c’est la métaphore de tout voyage sincère.

Gérard Bastide,
mars 2011

la Voie cyclique, quelques bonnes feuilles

En prélude à la sortie prochaine de  » la Voie cyclique » aux éditions « le Pas d’oiseau », quelques bonnes feuilles :

 « un pèlerinage sans sanctuaire.
un compostelle minéral.
Pentecôtes de silex.
Exorcismes de caillou. « 

Il me fallait monter, me hisser, mesurer ces étendues de terre avec l’empan de mon corps d’homme, arpenter de gestes kilométriques ces étendues d’histoires. Voir si les hommes d’aujourd’hui ressemblent à leurs mythes.

J’avais lu quelque part que dans le taoïsme sont  trois voies pour atteindre l’illumination : la voie initiatique, la voie héroïque, la voie mystique. C’est en effet assez prudent de prévoir plusieurs chemins pour arriver au même endroit.  D’autant que pour atteindre l’illumination la dernière étape est assez longue, je crois, et sans ravitaillement. Toutefois, je ne me voyais pas avancer sur ces trois voies en même temps comme un convoi exceptionnel. Alors j’inventai la Voie cyclique. Par roulement évidemment. Elle synthétiserait les trois autres (sans apporter aucune réponse supplémentaire). Il y aurait quelque chose d’un romantisme musculaire, cette manière d’éprouver physiquement et spirituellement tous ces lieux sacrés pour en tirer une leçon d’énergie.

 » Métaphorique bicyclette  qui  permet de passer  à travers les horizons. Comme le couteau entre l’arbre et l’écorce, la flèche entre l’archer et la cible. Petit Véhicule. Vélo comme interface entre moi et le monde, entre la montagne vieille et l’embouteillage contemporain. Entre la carte et le territoire.  »

Autre compagnon idéal, mon journal de bord. Pline le Jeune dans une lettre à Tacite ne dit pas autre chose:
“ Je ruminais des pensées et je prenais des notes. Je me disais : je reviendrai peut être les mains vides mais je rentrerai la tête pleine. il ne faut pas mépriser ma façon de travailler.”
Pour moi, c’est un calepin corné sur lequel je note tout ce qui passe, pensée profonde ou brève de comptoir, croquis griffonné, recette de cuisine, vocabulaire, notes de lecture ou plan succinct pour se rendre à tel endroit ou encore numéros de téléphone échangés sur la route…Quel partenaire idéal ! Je lui confie mes pensées, il les garde. Je prends des notes, il les conserve. Je le ressors des années après, il me restitue l’ambiance de l’instant. C’est un monologue que je renoue ou que j’arrête à volonté. Avec la fraicheur et la maladresse de ces carnets de croquis pris sur le vif, traces de doigts, cambouis et gouttes de sueur en prime. Ecriture foraine sans clavier ni cahier.

 » Chargement, ennemi numéro un du nomade. Savoir élaguer, supprimer, faire des impasses, s’en remettre à l’essentiel et à la providence. Méditer ce conseil suisse anonyme : âvânt de pârtir, tu fais lâ liste de tout ce que tu dois empôrter. Et tu bârres, tu bârres, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que le minimum indispensâble. Alors, tu mets toutes ces âffaires sur le sol de la sâlle de séjour. Et tu n’en prends que la moitié. Il ne faudrait que de l’impondérable, étymologiquement ce qui ne pèse pas. Comment se fait-il que pour nous autres, occidentaux, l’impondérable est devenu ce que l’on ne maitrise pas, la part de hasard ?  »

« … Enfin assis au sommet, l’acteur-spectateur aura passé de la fournaise à la glace, de la nuit à la lumière, des ténèbres à l’évidence, parcouru tout l’orbe des saisons, traversé  des énergies contraires qui viennent s’annuler ici, à l’endroit précis où toute pente s’efface, dans le creuset étroit où s’opère la fusion primordiale de la terre et de l’air, du feu et de la glace. Le vent violent chasse par rafales les gaz et les miasmes et les tentations suicidaires. On ne peut pas mourir partout. Ici se résout pour quelques instants la grande contradiction du monde. Maintenant il faut vivre pour redescendre. »

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