Les cahiers de la Montagne Noire

Excellente revue tarno-tarnaise- mais ouverte sur le monde- animée par l’infatigable Françoise Dax-Boyer. Elle a eu la faiblesse de m’inviter à noircir quelques feuillets sur le thème… de la Montagne Noire. Je me suis exécuté . Ca s’appelle « le Grand Contrat ». Les premières lignes ci-après. Pour la suite, votre libraire favori. Demandez, que dis-je, réclamez les Cahiers de la Montagne Noire, N°4, automne 2020-hiver 2021 !

Je grimpe par le sentier en froissant les fougères du talus. Encore un effort pour accéder au plateau et je cherche au loin la haute silhouette qui domine la lande. Mon coeur bat plus vif. Toujours là ! Immobile depuis ma dernière visite de l’an dernier. Immuable depuis mai 68. Depuis Waterloo, Notre-Dame de Paris, Gengis Khan, Clovis, Jérusalem, les grandes pyramides. Toujours là depuis l’autre temps des hommes. Je ralentis mon pas à son approche. Avec tout mon respect j’appose mes mains sur sa surface grenue, je colle ma joue contre la pierre-mère. Jaillissant hors du lieu, borne entre couchant et levant, limite entre l’en-deça et l’au-delà, relais de pierre entre les vivants et les morts, idole minérale, pilier de la voûte céleste, fuseau des fées, cairn pour tout voyageur, montjoie, stèle aux héros morts, fierté du clan, sainte quille animiste, maison-du-dieu bétyle tombé du ciel, statue à l’âme de pierre, champ de forces, gnomon astronomique, racine des nuages, condensé d’énergie, idée-idole, index tendu de pierre brute, phallus lithique, prototype de toute verticale, signe de l’homme de toute éternité… on n’en finirait pas d’épuiser toute ses significations.
Pierre-prière : anagramme sacré…

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *