Tous les articles par Gérard Bastide

Mai Que Mai 2011

Encore une belle édition pour le festival occitan Mai Que mai dans la vallée de l’Orb : concerts, conférences, théatre, jeux, rando, artistes en tout genre, …le tout dans un bel esprit populaire.
j’en ai profité pour tester mon nouveau spectacle, « contes pholisophiques » et je viens de recevoir les 1° photos, inoubliaples forcément, d’aquel spectacle insurpassaple !

papillon

 

hydrobiographie d’une goutte

La société Cyclable en partenariat avec Carnets d’Aventure, le voyage nature et Schwalbe organisait un concours  sur des projets de voyages à vélo.
Ca y est, les résultats  du Concours Aventure Cyclable 2011 viennent d’être rendus publics !

Voici les résultats :

1er : « Bicyclettes en tête ! » – Camille de PREISSAC et Benoît MAAS

2ème : « Les roues de la terre » –  Emmanuele NEGROSINI (www.lesrouesdelaterre.fr)

3ème : « Autour d’ailes » – Romain NICOLINO (www.autourdailes.com)

4ème : « Un tour de France avec notre petit monde » – Famille MARCHAND

5ème : « Juste un tour en vélo.com » – Amandine MAS (www.juste-un-tour-en-velo.com)

6ème : «  Hydrobiographie d’une goutte » – Gérard BASTIDE

7ème : « Voyage en terre de glace » – Lucas SEMBLAT

8ème : « Tour de la mer Baltique à vélo » – Monika HAU et Benjamin ANCEL

9ème : « L’Odyssée andine » – Famille BRUNET-VIANA

10ème : « La bicyclette coopérative » – Emilie RIFFARD et Mathias DEVAUX

Hors-concours : « 3000 kilomètres de St Nazaire à Constanta » – Elodie SACHET et Anne-Laure POTEVIN : prix spécial du Jury pour leur projet… et de chaleureux encouragements… c’est aujourd’hui même qu’elles partent !

La remise des prix aura lieu le Jeudi 26 mai à 17H à Lyon (Vélonaute – 68, cours de la Liberté – 69003 LYON) ; nous vous invitons chaleureusement à vous joindre à nous ; ce sera l’occasion de rencontrer les autres gagnants et d’échanger sur les différents projets primés !

Pour info, mon projet ci-joint -départ prévu fin-aout pour 3 semaines jusqu’à l’océan !

HYDROBIOGRAPHIE D’UNE GOUTTE

Vers 1660,  Pierre-Paul Riquet, le père du Canal du Midi, parcourt la Montagne Noire à la recherche de la solution pour alimenter en eau son futur canal.
La légende affirme qu’un jour, accompagné du vieux fontainier Pierre Campmas, il découvre à la fontaine de La Grave un ruissellement de part et d’autre d’une pierre qui montre aux deux hommes l’écoulement de l’eau, d’une part vers la plaine du Toulousain et l’Océan, de l’autre vers la Méditerranée. La solution est trouvée !  Quelques années après, heu…en 2011 plus précisément, j’ai le projet de raconter l’histoire d’une goutte d’eau qui, partie du culmen de la Montagne Noire, coule jusqu’à l’Océan. Goutte que j’accompagnerai à vélo, au fil  de l’eau, depuis la source de l’Alzeau qui alimente le canal jusqu’à son embouchure au fin bout de la Gironde. L’histoire d’une goutte. Une “hydrobiographie” en quelque sorte.
Pour quelqu’un qui a grimpé à VTT la plupart des sommets méditerranéens, Toubkal , Etna, Canigou, Stromboli, Olympe,…et en a tiré un récit de voyage, “la Voie cyclique” à paraitre aux éditions “le Pas d’Oiseau”, qui a traversé la France et l’Europe par les voies vertes et a publié plusieurs guides  de VTT aux éditions Edisud, les 45O km du parcours peuvent sembler bien modestes.
Effets de l’âge ? Certainement. Ambition mesurée ? Sans doute. Mais aussi le désir de prendre le temps de réfléchir, de contempler, d’en faire un voyage tout autant philosophique que sportif. La preuve, j’emporte dans mes sacoches aquarelles et pinceaux pour en tirer la matière à un carnet de croquis et de voyage. Et la tente pour vivre au plus près de l’eau, à son rythme.
La franchise m’oblige à préciser que je ne suis pas exactement sûr de suivre la même goutte du début jusqu’à la fin et de la retrouver dans tout cet océan.
Qu’importe. On aura compris que cette histoire de goutte, c’est la métaphore de tout voyage sincère.

Gérard Bastide,
mars 2011

de Lehman Brothers à Fukushima

par Dominique Plihon (membre du conseil scientifique d’Attac )

LEHMAN BROTHERS, FUKUSHIMA : deux noms qui résonnent d’une manière sinistre, deux catastrophes majeures. La faillite de la banque américiane Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, est un moment paroxystique où le système financier mondial  a failli s’effondrer sous les coups de la folie spéculative des banquiers. Quant à la catatrophe nucléaire de Fukushima à la suite du tsunami du 11 mars 2011, c’est le résultat d’une autre forme de folie, prométhéenne celle-là, de l’homme qui ignore ses limites et croit maitriser la nature.
Bien que différentes, ces deux catastrophes ont des caractéristiques communes. Ce sont des événements exceptionnels par leur ampleur mais dont la probabilité est considérée comme faible.Il faut remonter à 1929 pour trouver une crise financière aussi grave que celle qui secoue l’économie mondiale depuis 2007.Quant au tsunami, il est associé à un séisme de force 9, le plus important enregistré dans l’histoire du Japon, pays pourtant sujet aux tremblements de terre.
Les scientifiques et les acteurs économiques tendent systématiquement  à sous-estimer, voire à ignorer, les risques majeurs et leurs conséquences sous prétexte qu’ils sont rares et difficiles à prévoir.Or des travaux récents ont montré que l’histoire de l’humanité est bien davantage façonnée par des phénomènes rares et exceptionnels- les « cygnes noirs »*- que par des processus réguliers et prévisibles. Ainsi, des innovations importantes comme l’énergie atomique et la titrisation des créances, sont au coeur de ruptures brutales dont leurs instigateurs n’avaient pas prévu les conséquences. Ce qui signifie que nous devons changer de « logiciel » et faire preuve de modestie face aux limites de nos connaissances. Une bifurcation dans notre manière de penser le monde s’impose.
L’aveuglement des décideurs face aux catastrophes financières et nucléaires récentes obéit à une rationalité, qui est celle du marché et de la rentabilité. Les grandes banques, comme les opérateurs privés qui gèrent les centrales nucléaires, tel que TepCo au japon en charge de Fukushima, ne prennent en compte que les coûts privés des accidents dont ils sont responsables; les autres conséquences de leurs décisions sur la société et l’environnement restent « externes » à leurs calculs: les économistes parlent d’externalités. Le coût total des catastrophes (économique, social, environnemental ) est donc largement sous-estimé par les acteurs privés qui savent très bien que c’est la société- et donc l’Etat-qui prendra en charge des effets « externes ». Ce qui conduit  à l’illusion, entretenue par l’idéologie néolibérale, d’une énergie nucléaire à bon marché, ou d’une finance globale conduisant à une répartition plus efficace des capitaux sur la planète.
Il faut tirer toutes les conséquences des catastrophes associées à Lehman Brothers et à Fukushima. L’une des conclusions évidentes est que les domaines d’activités-tels que la banque et le nucléaire-qui sont sujets aux risques majeurs et systémiques ne peuvnet être gouvernés par des acteurs privés soumis à la logique du rendement financier. Le secteur de la banque comme celui du nucléaire doit passer sous contrôle social. C’est le seul moyen de donner à la société les moyens de prendre démocratiquement les décisions d’intérêt général qui s’imposent aujourd’hui, telles que le désarmement de la finance spéculative et la sortie du nucléaire(…)

* « le cygne noir »: la puissance de l’imprévisible, Nassim Nicholas Taleb, les Belles Lettres, 2010

guide voie verte passa païs

Ca y est, il vient enfin de paraitre le guide de la voie verte Passa Païs. Il décrit dans le détail l’itinéraire ouvert de Mazamet à Mons la Trivalle pour le moment, jusqu’à Bédarieux dans un avenir qu’on espère proche (les travaux de débroussaillement entre Mons et Le Poujol vont bon train ).a l’intérieur, le tracé, un brin d’histoire, quelques idées de balades, randos ou  découverte patrimoine.
Ce guide est disponible gratuitement dans tous les offices de tourisme du secteur.
Pour avoir un avant-goût de votre prochaine virée,
cliquez ici

MAI QUE MAI

Maï que Maï, le festival occitan de la vallée de l’Orb et des Hauts Cantons approche !
au menu, du 17 avril au 29 mai, de Saint Pons au Poujol en passant par Vieussan, Colombières, Olargues, Prémian,
musique, théatre, baletis, contes, randos, conférences, concerts, poésie, marché …
Venez nous retrouver à Colombières le dimanche 22 mai à 16H 30 pour la première des Contes Pholisophiques !
cliquer sur programme.

le marché à Lacalm

( 3° prix du concours de nouvelles 2000 de la revue Harfang )

Tannés par tous les vents et mâchurés de mousses, les murs de pierre dorment encore. Ils dormiront tant que le jour ne sera pas assez haut, tant que le soleil ne sera pas assez monté dans les aires du ciel pour hisser ses draps à l’aplomb des ruelles et faire craquer d’aise les lambourdes des planchers et les charpentes en chataignier. Il y a un moment encore, la nuit était comme un midi noir sur les hommes, sur le village, sur les bêtes, sur tout. Maintenant, dans cette profondeur qui précède l’aube, dans cette noirceur si pleine qu’un cheval y disparaitrait tout entier, il n’y a plus que des silences de loin en loin pour trotter à leur envie entre les maisons où dorment les gens.
Parmi toutes ces épaisseurs de noirs superposées dans la chambre et sur les yeux comme des couvertures, ils se sont levés et habillés. Sans le réveil. Sans causer. A l’accoutumée. Il n’y a rien à en dire. Les gestes vont tout seuls là où ils doivent aller par la force de l’habitude. Pas besoin de frotter une allumette. Il n’y a qu’à ouvrir le portillon de la cuisinière pour redonner aux braises un peu d’air à lécher. Quand le rouge revient, on leur livre en pâture deux buchettes de hêtre sec qui feront bien assez pour ce qu’il y a à faire.
Ce qu’il y a à faire? C’est le train du matin, l’eau au broc, la mécanique apprivoisée du moulin à café, la cafetière qui siffle. C’est l’heure tranquille où les objets, confiants ou mal réveillés, se laissent faire entre les mains des hommes. C’est tout aussi bien d’en profiter, parce qu’ensuite, dans la journée, il arrive bien qu’ils se rebellent, tant tu veux faire d’un côté et tant ils veulent faire de l’autre. Mais jamais de si bon matin.
L’odeur du café chaud se répand comme un miel entre les espaces laissés en suspens par les choses, les affaires et les mouvements des deux hommes. Le temps de déjeuner, un coq a déjà accroché son cri aux premières lueurs comme on le ferait d’une veste aux deux ou trois clous rouillés plantés dans la porte et  les murs se le disent en écho.
Ensuite, c’est la tournure habituelle de tous ceux qui ont à faire, qui vont au marché comme d’autres au chantier du bois ou à la chasse: après le café, remplir son sac de ventre de deux oeufs, d’une tranche de lard, de pain chauffé sur la plaque; une goulée de vin rouge qui va à l’estomac aussi bien que le hêtre au feu; remplir son sac d’épaule de la gourde, de la cape. Le portefeuille à la poche, le papier à rouler, la blague à tabac. Le couteau. Les papiers. Lacer les souliers, attraper la casquette, prendre le baton, toutes les choses ont l’air de se
faire toutes seules, sans que l’on y pense. Et tant vaut-il que ça se passe comme ça, sinon on les ferait pas. Dans sa tête on dirait: ” Oh, et puis après merde”
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