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réouverture du Musée du Textile

(discours prononcé par GB le 10 juillet 2008 )

REOUVERTURE DU MUSEE DU TEXTILE

Comme disait naguère le poète Patrice de la Tour du Pin,
“ Les peuples qui n’ont pas d’histoire sont condamnés à mourir de froid. ”
…Les peuples qui n’ont pas d’histoire…
Et les villages qui n’ont pas d’histoire ? Qui n’ont plus d’histoire ? A quoi sont ils condamnés, les villages qui n’ont plus d’histoire ?
Ils sont condamnés à la monotonie, à la banalisation, à l’insignifiance, à l’amnésie collective, condamnés à devenir des lieux sans âme, que l’on traverse sans souhaiter s’arrêter, tous semblables, tous pareils.
Fort heureusement, ce n’est pas le cas de notre cité de Labastide-Rouairoux. Cette vallée est riche d’une si longue tradition textile : on a retrouvé des fusaïoles datant du Néolithique ! Par la suite, tout le long temps de notre histoire est ponctué par l’activité textile : on cite des tisserands cathares au XII° siècle, on évoque les métiers à tisser qui rythmaient la vie de chaque maison au temps de la Réforme et des guerres de religion, les commandes de draps et de tissus militaires pour la Grande Armée de Napoléon, les premières fabriques mûes par l’énergie hydraulique, la réputation de qualité des tissus et apprêts de Labastide-Rouairoux, les tissus pied-de-poule qui allaient jusqu’en Angleterre pour habiller la famille royale, la recherche constante de nouveauté, saison après saison, pour les collections de haute couture,…
En feuilletant ainsi l’album des souvenirs, ce sont aussi des pans entiers de mémoire ouvrière qui défilent : les conditions de travail, les rues encombrées au moment de la sortie des usines, les grèves, les manifestations, mais aussi les jours de fêtes, les anecdotes et les savoir-faire partagés autour d’un métier devenu bien plus qu’un métier, un tradition collective, une façon de vivre.
C’est ce fil têtu de la mémoire qui risquait à tout jamais de se rompre quand le textile local fut à son tour victime des premières manifestations de la mondialisation, quand il a semblé plus facile et surtout plus rentable de faire fabriquer dans les ateliers du tiers-monde les tissus qui auparavant avaient assuré la prospérité de la vallée. L’histoire n’étant jamais à sens unique, il n’est pas dit que le renchérissement des produits pétroliers n’aboutisse au résultat inverse, la relocalisation de secteurs entiers de notre économie, peut-être bien le textile lui-même, on ne peut que le souhaiter.
Nous étions à la fin des années 70, les métiers cessaient de fonctionner les uns après les autres, les usines fermaient, les ouvriers chomaient ou partaient en pré-retraite, et chaque semaine des camions chargeaient des machines entières qui partaient pour la casse.
Il a fallu la détermination et l’enthousiasme de quelques-uns pour que naisse- en 1983- la conscience de la nécessité de sauvegarder ce patrimoine.
Histoire qui a débuté par la création d’un écomusée- dont je fus le président-fondateur- sur ce territoire de la Montagne Noire avec des collections agraires, textiles, hydrauliques, industrielles, la meunerie, les moulins, une imprimerie et même une distillerie !
1983 – 2008 : un quart de siècle, 25 ans d’une histoire longue et complexe car rien n’a été simple, commencée d’abord dans les batiments de l’usine Bourguet, puis qui s’est poursuivie par l’acquisition de l’usine Armengaud – qui date de 1880 – son site actuel. Devenu depuis janvier 2001 le Musée départemental du Textile, géré et animé par le Conseil Général du Tarn et tourné vers le patrimoine.
Patrimoine matériel d’abord, machines, cardes, métiers, objets, photos, livres d’échantillons récupérés par cartons entiers dans les usines, mais aussi patrimoine immatériel, savoir-faire, techniques, tours de main, témoignages ouvriers incarnés aujourd’hui de belle manière par les anciens du Comité Textile.
Qui dit musée dit mission conservatoire. Mais pas conservatrice : Aujourd’hui , le Musée du Textile de Labastide-Rouairoux est résolument tourné vers le futur : tendances “fashion” pour chaque saison, logiciel de création textile, nouvelles collections, nouveaux projets, accueil de scolaires, artistes en résidence… et nouveau parcours muséographique, où tous les sens se trouvent sollicités, le regard avec les matières, les couleurs, les formes, l’ouïe avec les nombreuses machines, l’odorat avec ses odeurs mêlées de graisse et de suint, le toucher des matières végétales et animales…
Aussi, le Musée du Textile, pour nous Bastidiens, joue le double rôle de vitrine et de miroir. Miroir car ce musée nous tend l’image à peine voilée de notre identité. Vitrine car il offre au regard extérieur, au curieux, au créatif, au touriste, le témoignage du savoir faire textile de notre vallée. Aussi je souhaite au nom de la commune de Labastide-Rouairoux que j’ai l’honneur de représenter aujourd’hui une bonne fréquentation dans ses locaux rénovés et longue vie au Musée du Textile !

des cabanes en pierre sèche

Capitelle, jasse, cabane, mazet, carabela, borie, tant de noms locaux pour la même tradition ancestrale de constructions
en pierre sèche : le matériau trouvé sur place, un soin particulier à bâtir la pierre, une voûte autoportante où chaque pierre est posée délicatement en porte-à-faux sur celle de dessous sous peine de voir la toiture s’effrondrer sur l’homme et son chien, le tout formant un abri bienvenu pour le randonneur en butte aux éléments ou juste une pause contemplative. Nous en avons édifié plusieurs, celle de schiste a été bâtie (2002) au sommet de Quiersboutou (837m ) qui domine les hameaux de Castans (Aude ), l’autre forme une sorte d’ermitage semi-enterré pour attendre la fin des temps… ou de l’averse.

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